3 Commentaires
Avatar de User
Avatar de Jérémie

Je suis peut-être le loup qui rentre dans la bergerie : je m'oppose totalement à votre analyse. La couleur des cheveux, des yeux, le genre : des critères infamants mis à l'index par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; au même titre et même niveau que la mise à l'index des personnes qui écrivent de la main gauche ou choisissent le christianisme en lieu et place du catholicisme dominant qui furent à une autre époque de notre Histoire, sous l'ancien régime ; et l'on brûlaient aussi des malheureuses paysannes car soupçonnées de sorcelleries. On traitait tous ces gens d'hérétiques, à brûler de la même manière bien entendu que le Ku Klux Klan extrême droite américaine brûlaient les personnes de couleur, je sais c'es violent, je vous rassure je le met au même niveau du barbarisme chauvin... Pour ma part, comme vous pouvez le constater par ma photo je ne suis pas "une personne de couleur" et pour autant j'ai du subir au début de ma vie de jeunesse, tous les à prioris sur ma personne ; je suis autodidacte et je l'étais déjà au début de ma vie professionnelle. Et pourtant je ne suis pas issu de la diversité. Ce privilège ne m'est pas offert. Vous dites que la femme subit, au détriment d'elle même face à un collectif de mysogines (pour simplifier) ; j'ai été élevé par ma mère, puis par ma soeur, mes professeurs d'écoles étaient des femmes, mes supérieures hiérarchiques furent en grande majorité des femmes, et en matière de recrutement encore aujourd'hui : les personnes qui organisent les entretiens sont en grande majorité des femmes, y compris DRH. C'est un constat appréciable pour ma part, étant donné qu'à mon époque, nous sommes de la même génération vous et moi, nous savons donc tous les deux que les femmes n'ont jamais, au grand jamais été des gens qui se laissaient faire ; bien au contraire ! Quant à la couleur de la peau : elle ne détermine en rien de justifiable le fait que les femmes concernées aient effectivement accès à tous les emplois, y compris alimentaires au plus bas de l'échelle ce qui est navrant pour nous autres, qui sommes dans la précarité depuis plusieurs années ; En effet, depuis plus mon jeune âge, j'ai constaté que la "diversité" -un mot utilisé à contre sens de sa véritable définition- accédaient aux emplois grâce à des entretiens quasiment acquis sans justifications. Pour ma part, on me demandait d'expliquer des "trous" dans mon cv, de justifier mon expérience chez les cinq -oui les cinq- derniers employeurs, on me scannait de la tête au pied en se touchant le nez pour voir si j'avais les bonnes chaussures et le pantalon qui convient. Je n'ai jamais eu ma chance, madame, pas même pour un stage conventionné gratuit au service de l'entreprise-cible, pas même un contrat en alternance pour continuer mes études. Oui, madame, je suis blond, j'ai les yeux bleus, et si les gens comme moi vous posent problème, je vous invite à une remise en question bien profonde de vos convictions.

Avatar de Laëtitia Vitaud

Merci pour votre message. Je crois qu’il repose sur un malentendu assez profond de mon propos.

Je ne dis nulle part qu’il faudrait “saquer les hommes blancs” ni qu’ils devraient être écartés au profit d’autres en raison de leur identité. Et je ne nie évidemment pas les difficultés individuelles que certains rencontrent.

Je parle ici des biais systémiques. À compétences égales, certaines caractéristiques (genre, origine, y compris origine sociale, accent, etc.) influencent les jugements, souvent de manière inconsciente. Cela ne signifie pas que tous les recruteurs sont biaisés, mais que, statistiquement, les règles du jeu ne sont pas neutres.

Et cela vaut aussi pour les femmes que vous mentionnez : les biais ne disparaissent pas parce que vous avez affaire à une femme. Nous avons toutes et tous intériorisé les normes dominantes et les reproduisons.

Votre expérience personnelle, aussi difficile soit-elle, ne suffit pas à invalider ce constat, largement documenté par des travaux en sciences sociales et en psychologie.

Par ailleurs, le fait d’avoir eu des supérieures hiérarchiques femmes ne contredit pas l’existence d’inégalités structurelles. On peut observer des femmes à certains postes tout en constatant qu’elles restent sous-représentées aux niveaux les plus élevés. (moins de 7% de PDGères dans le CAC40)

Enfin, je ne dis pas que les personnes issues de minorités sont recrutées “sans justification” — c’est précisément l’inverse : dans un système où elles sont plus sévèrement évaluées, celles qui accèdent aux postes les plus élevés ont, en moyenne, franchi davantage d’obstacles.

Le sujet n’est donc pas d’opposer les injustices, mais de comprendre comment elles se fabriquent.

Avatar de Nathalie Faure

Merci, ça fait du bien de lire tout cela. Que les obstacles existent et que pour exister dans un milieu qui n'est pas prévu pour, il faut avoir fait bien plus d'efforts que la moyenne et se retrouver au dessus du lot, en définitive. C'est important que des jeunes femmes voient cela, pour oser rêver et aller vers ce qui les motive vraiment.