Notre premier podcast âĂ deux voixâ đ§ de la semaine est consacrĂ© au marchĂ© immobilier, et aux arbitrages auxquels les mĂ©nages sont confrontĂ©s en particulier sur le marchĂ© du logement.
La pandĂ©mie a des consĂ©quences multiples sur lâimmobilier, et notamment le marchĂ© du logement. Avec la gĂ©nĂ©ralisation du tĂ©lĂ©travail pour plus dâun tiers des actifs (la proportion est variable selon les pays), les logements chers et exigus au centre des grandes villes deviennent moins attractifs, tandis que les logements plus spacieux Ă la pĂ©riphĂ©rie des villes attirent toutes les convoitises. Certaines petites villes deviennent des villes âZoomâ : elles ont gagnĂ© de nombreux habitants depuis plusieurs mois. Davantage de foyers recherchent un bureau dans leur logement, qui (re)devient pleinement un espace productif.
De plus, la faiblesse (ou absence) du tourisme dans les grandes villes comme Paris, New York ou Londres a poussĂ© de nombreux propriĂ©taires qui avaient mis un logement en location sur Airbnb Ă louer ces logements sur le marchĂ© locatif traditionnel. Lâoffre de logements sur le marchĂ© locatif a donc fortement augmentĂ© dans certaines villes. Au mĂȘme moment, les choses changent aussi du cĂŽtĂ© de la demande. Avec la crise, certains acquĂ©reurs repoussent lâachat quâils avaient prĂ©vu de faire. Dâautres doivent mĂȘme y renoncer. Beaucoup prĂ©fĂšrent la souplesse de la location dans un contexte dâincertitude.
Du point de vue macro-Ă©conomique, le ratio âpropriĂ©taires occupant leur logementâ / locataires est intĂ©ressant car il nâest pas sans consĂ©quences sur la mobilitĂ© de la population et la fluiditĂ© du marchĂ© de lâemploi. LĂ oĂč il y a beaucoup de propriĂ©taires (en Roumanie, par exemple, ce ratio est de 95%), il peut y avoir des frictions qui empĂȘchent les travailleurs de bouger rapidement dâun emploi Ă lâautre. Aux Ătats-Unis, oĂč ce ratio est de 65%, la mobilitĂ© gĂ©ographique nâa jamais Ă©tĂ© aussi basse depuis quâon la mesure. Les pays les plus riches et les plus dĂ©veloppĂ©s ont tendance Ă avoir davantage de locataires que de propriĂ©taires occupant leur logement (en Suisse, par exemple, la plupart des gens sont locataires du logement quâils occupent).
Nous avons tous entendu depuis toujours quâil valait mieux acheter son logement plutĂŽt que le louer Ă un autre. La dĂ©pense dâun loyer serait un âgaspillageâ que lâon ferait mieux dâinvestir en devenant propriĂ©taire du logement quâon occupe. Mais est-ce forcĂ©ment vrai ? Pas vraiment⊠En fait, les professionnels de la finance signalent au contraire que le logement quâon occupe ne reprĂ©sente pas toujours un bon investissement, tant sâen faut.
Comment ces arbitrages vont-ils Ă©voluer dans la transition en cours ? Nicolas et moi discutons de tout cela en dĂ©tails dans cet Ă©pisode âĂ deux voixâ. Nous Ă©voquons Ă©galement la crise, la gestion financiĂšre dâun foyer, les transformations culturelles et leur impact sur les arbitrages en matiĂšre de logement, ainsi que le nudge (ce qui nous pousse Ă adopter un certain comportement plutĂŽt quâun autre).
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(GĂ©nĂ©rique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514âextrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)














